Électricité
Borne de recharge et abonnement électrique : faut-il augmenter sa puissance ?
Puissance souscrite, risque de coupure, délestage, recharge réduite : comment faire cohabiter une borne de recharge avec le reste de la maison sans changer d'abonnement à l'aveugle.
7 min de lecture
Une voiture électrique branchée sur une wallbox appelle une puissance comparable à celle d'un four, d'un lave-linge et d'un chauffe-eau réunis, et pendant plusieurs heures. Dans beaucoup de maisons, cette puissance supplémentaire dépasse ce que l'abonnement autorise. Résultat possible : le compteur coupe l'alimentation au moment où l'on lance le four un soir d'hiver, la voiture branchée dans le garage.
Augmenter la puissance de l'abonnement n'est pourtant pas la seule réponse, ni toujours la meilleure. Ce guide aide à faire le point avant d'appeler son fournisseur.
Ce que mesure la puissance souscrite
La puissance souscrite, exprimée en kilovoltampères (kVA), est la puissance maximale que votre logement peut appeler à un instant donné. Elle figure sur votre facture et sur votre contrat : 6, 9, 12 kVA sont les valeurs les plus courantes en maison individuelle. Si la somme des appareils allumés en même temps la dépasse durablement, le compteur coupe le courant.
Ce qui compte n'est donc pas votre consommation sur l'année, mais les pointes : les moments où beaucoup d'appareils fonctionnent ensemble. Une voiture qui recharge la nuit, quand presque tout est éteint, pose rarement problème. La même voiture branchée à 19 heures, pendant la cuisine et avec le chauffage électrique en marche, peut faire déborder l'abonnement.
Puissance de recharge et puissance électrique
Une prise renforcée recharge la voiture à 2 ou 3 kW environ. Une wallbox monophasée peut monter à 7,4 kW, soit l'essentiel d'un abonnement de 9 kVA à elle seule. Une wallbox triphasée de 11 kW ou 22 kW demande, elle, un raccordement triphasé et un abonnement en rapport.
Faire le compte de vos besoins
Avant de changer quoi que ce soit, observez votre logement pendant une semaine ordinaire, idéalement en hiver si vous vous chauffez à l'électricité :
- les gros appareils : chauffage électrique ou pompe à chaleur, chauffe-eau, four, plaques de cuisson, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle ;
- les heures auxquelles ils fonctionnent ensemble : souvent en début de soirée, et le matin en hiver ;
- vos habitudes de recharge : branchez-vous en rentrant le soir, ou la recharge peut-elle attendre la nuit ?
Le compteur communicant permet de suivre votre consommation heure par heure depuis l'espace client du gestionnaire de réseau ou de votre fournisseur. C'est la meilleure source pour repérer vos pointes réelles, bien plus fiable qu'une estimation appareil par appareil.
Quatre façons d'éviter la coupure
1. Décaler la recharge
C'est la solution la plus simple : programmer la recharge pour qu'elle démarre quand la maison est calme, en général la nuit. Une wallbox ou la voiture elle-même savent le faire. Le guide recharger aux heures creuses détaille la méthode.
2. Limiter la puissance de la borne
La plupart des wallbox permettent de régler leur puissance maximale lors de l'installation. Une borne bridée à 16 ampères recharge à environ 3,7 kW : moins vite, mais souvent assez pour une nuit. L'électricien peut relever ce réglage plus tard si l'abonnement évolue.
3. Installer un délestage ou un pilotage dynamique
Un capteur mesure en permanence la consommation de la maison. Quand elle approche de la puissance souscrite, la borne réduit automatiquement sa puissance, puis remonte dès que les autres appareils s'arrêtent. La voiture recharge toujours au maximum de ce qui est disponible, sans jamais faire couper le compteur. C'est souvent le meilleur compromis : on garde une wallbox puissante sans payer un abonnement surdimensionné toute l'année. Vérifiez que la borne choisie gère cette fonction et que le capteur est prévu dans le devis.
4. Augmenter la puissance souscrite
Passer par exemple de 6 à 9 kVA, ou de 9 à 12 kVA, se demande à votre fournisseur. L'opération est généralement simple en monophasé avec un compteur communicant, mais l'abonnement coûte plus cher chaque mois, que vous rechargiez ou non. Au-delà d'un certain seuil, le changement peut aussi demander une intervention sur le branchement : votre fournisseur vous le dira.
Ce que dit votre tableau électrique
L'abonnement n'est qu'une partie de la question. La borne doit aussi trouver sa place dans le tableau : un disjoncteur dédié, une protection différentielle du type demandé par le fabricant, et assez de place dans la rangée pour les accueillir. Un tableau ancien, saturé ou sans différentiel adapté devra être complété, voire repris. C'est un poste à part entière du devis, indépendant de la puissance souscrite.
Profitez de la visite de l'électricien pour lui montrer les éventuels déclenchements que vous connaissez déjà : un différentiel qui saute quand il pleut, un circuit qui chauffe. Mieux vaut les traiter avant d'ajouter une recharge de plusieurs heures.
Deux voitures électriques dans le foyer
Avec deux voitures, la question de la puissance devient centrale. Deux wallbox de 7,4 kW qui rechargent en même temps demandent à elles seules près de 15 kW, bien au-delà de la plupart des abonnements monophasés. Trois approches existent :
- alterner les recharges, une voiture par nuit, quand les trajets le permettent ;
- une seule borne à deux points de charge, qui partage automatiquement sa puissance entre les deux voitures ;
- deux bornes reliées par un pilotage commun, qui répartit la puissance disponible selon la consommation de la maison.
Dans tous les cas, prévenez l'électricien dès la première installation si une seconde voiture électrique est envisagée : le câble, le tableau et le choix de la borne en dépendent.
Le cas du triphasé
En triphasé, la puissance souscrite se répartit sur trois phases. Un abonnement de 12 kVA triphasé ne donne donc qu'environ 4 kVA par phase. Une wallbox monophasée branchée sur une seule phase peut alors saturer cette phase alors que l'abonnement total semble large. L'électricien doit répartir les appareils sur les phases et régler la borne en conséquence. Le guide monophasé ou triphasé revient sur ce point.
Comment décider
- Vous rechargez la nuit, petits trajets quotidiens : une recharge programmée, éventuellement une borne bridée, suffit souvent sans toucher à l'abonnement.
- Vous rechargez le soir, chauffage électrique : le pilotage dynamique évite les coupures et limite l'augmentation d'abonnement.
- Deux voitures électriques : pilotage presque indispensable, avec répartition de la puissance entre les deux points de charge.
- Coupures fréquentes même sans voiture : l'abonnement est déjà juste, l'augmentation est probablement nécessaire.
Le bon moment pour trancher, c'est la visite technique de l'électricien IRVE : il relève votre tableau, votre abonnement et vos usages, et propose une puissance de borne cohérente. Pour estimer le temps de recharge selon la puissance retenue, utilisez le simulateur de recharge à domicile.
Questions fréquentes
Ma wallbox fait-elle couper le compteur si l'abonnement est trop faible ?
Oui, si la recharge s'ajoute à d'autres gros appareils au-delà de la puissance souscrite. Un délestage ou une recharge programmée la nuit l'évite.
Faut-il forcément 12 kVA pour une wallbox de 7,4 kW ?
Non. Tout dépend des autres appareils allumés en même temps. Avec un pilotage dynamique, une wallbox de 7,4 kW fonctionne avec un abonnement plus modeste : elle recharge simplement moins vite aux heures chargées.
Une prise renforcée demande-t-elle de changer d'abonnement ?
Rarement. Sa puissance reste modeste, mais elle doit être sur un circuit dédié et correctement protégé.
Qui règle la puissance maximale de la borne ?
L'électricien qualifié IRVE qui l'installe, en fonction de votre tableau et de votre abonnement. Le réglage peut être modifié plus tard.
Électriciens qualifiés IRVE pour l'installation de votre borne, commune par commune
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